>>> Thème 3. Inscriptions territoriales des offres et pratiques culturelles

Ce thème est appelé à prendre un développement important, en phase avec la régionalisation des politiques culturelles ainsi qu’en liaison avec le renouvellement des cadres d’analyse proposés (la description de schèmes culturels singuliers et émergents venant remplacer l’usage d’horizons interprétatifs intériorisés et pensés comme des « dispositions culturelles »). La singularisation tant géographique qu’historique de la description est ainsi une conséquence directe du renouvellement des politiques culturelles et des théories de la pratique qui cherchent à en rendre compte. Trois programmes illustrent ce thème.

L'Observatoire de Marseille Provence, capitale européenne de la culture 2013 – MP2013 (E.Pedler, M.-H.Poggi), initié par le Centre Norbert Elias sera établi par une convention de recherche entre l’InSHS (CNRS, l’EHESS, Aix-Marseille Université et l’UAPV (en cours de signature) – qui permettra, en partenariat avec d’autres unités de la région, comme Telemme, le Lames et le Greqam, d'explorer trois dimensions de l’événement. La première porte sur la « publicisation » : comment MP2013, en quête d’un devenir culturel dans le cadre de l’opération Capitales Européennes de la Culture, devient-il un objet appréhendable, identifiable et perceptible et sous quelle forme ? La seconde concerne le public : par qui et pour qui se déploiera MP2013 ? La troisième dimension sera celle de la « mise en récit ». On se demandera comment la collectivité au sein de laquelle cet objet se construit (Marseille et sa région) répond de lui et l’intègre à son histoire.

Au-delà de l’événement culturel lui-même et qui se déploie en 2013, son impact sur la ville et les territoires à travers un déploiement d’objets artistiques et médiatiques, de lieux (équipements) et d’aménagements urbains, de discours, de mobilisations d’individus, d’organisations d’acteurs, etc. sera analysée en collaboration avec l'équipe « Espaces et Objets Politiques » (J. Boutier). Une analyse critique de la notion de « quartier créatif » et d’institutions culturelles particulièrement bien ancrées dans les marges urbaines de la ville de Marseille sera développée.

Le développement des relations entre tourisme, patrimoine et mémoire (C. Tardy, É. Flon) a surtout été étudié par les géographes (IREST, par exemple). Le tourisme est de plus en plus une source de financement du patrimoine et il intervient à ce titre dans les modalités de valorisation de celui-ci. Il s’agit ici de suivre ces modifications non seulement à propos des musées ou des sites, mais aussi à travers la mise en exposition de la ville ou des paysages.

En contrepoint de programmes ancrés dans le présent, voire tournés vers l’avenir, un programme de recherche inter-équipes engagé dans le précédent quadriennal sur l’invention du violon moderne du XVIe au XVIIIe siècle (E. Pedler, J. Boutier) privilégie lui aussi l’assise territoriale et relationnelle des pratiques musiciennes. La description des évènements musicaux suppose une analyse en situation, fortement contextualisée, qui se focalise sur ce que jouent et font les interprètes à un moment précis, et sur la façon dont, intégrés dans des réseaux socio-techniques (de commanditaires, de luthiers, d’organisateurs de concert, de cercles associatifs), ils nouent des relations singulières avec différents cercles d’amateurs ordinaires. On s’attardera sur une des plaques tournantes de la vie musicale européenne (la ville de Hambourg) afin de saisir en situation l’organisation réticulaire et multi-professionnelle de l’activité musicale de la fin du XVIIIe siècle.

 

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